Petite boule de terre

 

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                                                                                         Dessin : © A.C

Méditation : suggestion de pratique

 

Il est des questions que j’aime bien poser dans l’écoute intérieure. Je m’assoie, et je médite.

Au moins, j’arrête de soumettre trop de pensées à l’intellect disséquant, jugeant (qui voudra trop contrôler,  normaliser ) ou pour éviter que mon émotion, ma réactivité ne les réduisent en charpie.

L’espace intérieur reçoit, sécurise.

Et je laisse le temps au processus, en acceptant la possibilité qu’il ne se passe rien… Mais la nature a horreur du vide… le bourgeon va se transformer…

Je me laisse plonger  dans le sensoriel. Je repose la question au bout d’un moment.  L’insondable peut créer une forme, comme une petite boule de terre (par exemple, ou une couleur, ou tout autre chose) qui rejoindra le bloc à manier plus globalement, ensuite. Ça respire plus…  Le sensoriel change… le corps aussi.

Il fait l’expérience de la présence.

Une toute petite action adéquate devient plus facile à poser ensuite. Elle est indispensable pour matérialiser ce début de cheminement. 

La tête sait souvent mais c’est le corps qui doit faire une expérience sensorielle pour assimiler, à sa vitesse, comme le dit Eric Bardot à propos de l’hypnose médicale.

Le quotidien propose de nombreuses fascinations qui nous absorbent, ce n’est pas de l’hypnose.

L’espace-temps hypnotique, la méditation sont des processus naturels du vivant où l’on sollicite un mouvement.

 

La poésie et l’art, comme « forces imaginantes », se mêlent là, dans ces paysages aux confins inconnus, ça m’interroge …

 ©Véronique Bonnet

 

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Dessin A.C

Chante de là où tu es

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Regarder comment les choses s’ordonnent naturellement quand on fait avec la vie.

Travailler, écrire dans ce sens…

Plonger dans des parcelles profondes et remonter des bribes de  poésie. C’est un état perceptif, intuitif, pas intellectuel.

Écrire, libérer….

Écrire, c’est peut-être aimer partager l’intime, ou peut-être le faire résonner ou même faire éprouver ou éclore chez l’autre. Partager…

Mais de toutes ces histoires, il ne restera que l’amour. Qui sait?

C’est ce que je me suis dis, en écoutant Jacques Higelin.

 

 

 » Une chanson, c’est populaire, il faut toucher l’émotion pure et on ne l’atteint jamais par la force ou la démonstration, mais par l’abandon de soi, la confiance, l’approfondissement, en se laissant envahir, en cherchant à l’intérieur ». 

Jacques Higelin

 

 

 

 

 

 

« Je suis mort, qui qui dit mieux? »

 

 

©Véronique Bonnet

Grrrrr

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Grrr

Les infos, que je m’étais promise de ne plus écouter, terminent par un ton badin que démentit le contenu:
 » Et puis, une dernière info : les oiseaux seraient moins nombreux de 50%, cette année, selon un très sérieux comptage de l’institut … »

Fondu enchaîné sur un thème musical guimauve, pendant que mon esprit vrille et se déchaîne. Il commence le décompte :

Les abeilles (traitées en bio)  : moins nombreuses de 50 à 75 % aussi  en ce début de Printemps !!!

et Nicolas Hulot va réintroduire symboliquement deux ours femelles dans les Pyrénées  » pour ne pas être le ministre qui a laissé disparaître les ours « …
Donner pour les ours. C’était le premier acte écologique de la petite girondine idéaliste que j’étais. Et aujourd’hui retour à la case départ, la cause étendard sort, parce que c’est l’émotion qui fait agir.

Mais agir sur quoi? Bientôt les nounours seront comme la girafe Sophie, relégués au rang de jouets…

L’idée impensable fond dans nos esprits, comme la banquise.
Non, c’est plus fort que nous, il faut croître… Lutter contre la destruction de la planète, ça nous dépasse. Les responsabilités sont si bien tissées qu’elles nous ficèlent les uns aux autres.
Et nous partons ailleurs, en voyage, dans nos activités diverses et variées, dans des systèmes qui demanderont récompense, d’autres voyages et d’autres trucs à faire. Les paradoxes nous maintiennent en confusion, en émotion, en dissociation, en illusion de contrôle…

Le faire plus que l’être… Nous en tombons parfois malades. Prédation, te revoilà, nous devenons plus faciles à manger!!! Immobiles, devant de trop grandes tâches que voilà devant nous …

« Le miel de Printemps cette année va être rare, faute de Printemps ».
Je vous la fais en brève de comptoir.

La faute à la croissance, fille de la peur du vide.

Je ne peux que me regarder dans le miroir… je ne peux agir que sur moi… et encore… suis-je impuissante, ou vaniteuse?

Et pourtant, il se profile, il se faufile le rêve, dans le tissu à repriser de nos sociétés… Et les « forces imaginantes de l’esprit »  (Bachelard) sont créatrices de réalité et de présence renouvelées . 

Ça aussi, c’est plus fort que nous!! C’est la vie et ça fait du bien!

Ces râleries, comme une volée de bois vert en ce Printemps, merci de les avoir lues ! Belle journée à vous!

©Véronique Bonnet

 

Jour en blanc

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La neige fraîche crisse sous les chaussures . Il fait frais, je me sens dans un univers sans couleur, tout effacé par le blanc .

Les flocons tombent des arbres avec un léger frous-frous d’ailes d’oiseau. L’air est feutré, presque mat.

Dans le jardin, je fais comme le chat : « Je contemple la neige et je suis là  » .

Puis j’enfile de vieilles bottes  et je pars au village . Ambiance 1930, tout le monde est à pied, à se faire des courtoisies. à marcher dans une atmosphère calme qui agrandit les rues . Les gens se saluent, se regardent, se sourient de voir les versions approximatives des uns et des autres, en bonnet de montagne sorti en hâte d’un fond de tiroir. Un autre temps!

Je continue vers la campagne. Je  marche sur la chaussée craquante de glace avec précaution. Pourtant,  je fais un vol plané à l’entrée de la ferme, sur une plaque gelée. Une femme qui nourrit ses chevaux juste à côté, se retourne, les bras chargés de foin. Elle engage la conversation. La paysanne en moi sourit.

Jour blanc!

Tout d’un coup la neige restaure la relation,

les sourires et la légèreté,

Et tout d’un coup la neige restaure la lenteur.

Et enfin , la fée d’hiver restaure le rythme,

Au prix de 700 km de bouchons en région parisienne.

Qui sait le prix du silence  ?

 

Véronique Bonnet

 

Le vent dans le dos

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« Le vent dans le dos » : L’expression est lancée dans la discussion, elle se pose sur la table.

C’est un restaurant « branchouille » où se rassemblent les amis, dans une ambiance qui éveille le regard. L’assemblage est subtil d’un chez soi et d’autre chose qui interpelle… La vibration se partage, infuse dans l’impromptu. Interroge-t-elle le silence ?

Le corps est là en entier à résonner du vent dans le dos. Ça pousse, ça se détache quelque part, c’est sûr.  C’est comme sentir venir l’air des grands larges. Entre les parenthèses de vie… une hésitation peut-être.

Et déjà le tangage d’un espace est là en attente. Dans le flottement une voile, dans l’horizon flou, une promesse de voyage, l’ouverture à une liberté qui emporte. Peut-être.

Le buffet multicolore a des effluves mélangées, l’improbable se tient juste là dans le brouhaha. Les plats soignés dont on peut humer le fumet passent.

La sensation diffuse, c’est sûr. Ces images, ces sons, ces odeurs, ces goûts, la densité de la matière. Alors la phrase se met à bouger, comme la voile se défroisse ailleurs et s’anime dans le ciel lumineux libéré des nuages. Le vent dans le dos, ça réveille le corps. En partance, les narines sentent, les lèvres s’entrouvrent et l’esprit pétille.

Le thorax est souple et gonflé comme une voile déployée. Imperceptible ? C’est sûr, mais c’est là, dans l’escale inattendue. Le parfum d’un autre départ ?

En sortant, je tombe face au Père Lachaise, je pense : « Ici, pas de vent dans le dos ». Mais voyant les touristes, sac au dos, prendre des photos du lieu, je me dis : « Tiens ! La célébrité a encore le vent en poupe »…Je m’achète un journal au kiosque. Je lance un  » bon appétit ! ». Alors, comme saisi d’un vent dans le dos, le vendeur derrière la pile de papiers commence une digression joyeuse. C’est contagieux !

Le soleil m’apparaît d’une infinie bienveillance. L’automne parisien est roux canadien. Je caresse l’écureuil intérieur tout en légèreté retrouvée.

La confiance d’être là habille le moment. Serait-ce un peu comme se sentir chez soi en intégrant une nouveauté ?  Serait-ce sentir l’oscillation, et incarner son mouvement qui attendait ?

Alors, à chaque point de départ, le souffle pousse à densifier le corps, ça picote d’une impulsion en attente. C’est là, un jour ou l’autre. Tout l’être a le choix de se tendre vers l’objectif ou pas. Agir ou être agi ou un peu les deux peut-être. Une énergie vitale en action.

Le vent dans le dos c’est comme on le sent.

Véronique Bonnet

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Le texte est paru dans la revue Hypnose et Thérapies Brèves , en mode  » cadavre exquis  » , avec Sophie Cohen (n°45, mai/juillet 2017).

Je vous le propose dans cette version ci-après. Que pensez-vous de l’effet conjugué d’une phrase chacune, au fur et à mesure que le texte progresse?

 

Le vent dans le dos

Bonne nouvelle, ça pousse le facteur… « Le vent dans le dos » : L’expression est lancée dans la discussion, elle se pose sur la table

Il amène des lettres du bout du monde. Au fait de quel bout s’agit-il ? C’est un restaurant « branchouille » où se rassemblent les amis, dans une ambiance qui éveille le regard.

Du monde peuplé d’amis, de chaleur et de lumière. Ah, comme c’est bon dans le corps ces lettres… lire ces mots adressés. On sent la chaleur de la détente, le sourire s’installe sur les lèvres L’assemblage est subtil d’un chez soi et d’autre chose qui interpelle… La vibration se partage, infuse dans l’impromptu. Interroge-t-elle le silence ?

Et vlan ! La porte claque. L’orage est prêt et nous plonge dans le noir… Le corps est là en entier à résonner du vent dans le dos. Ça pousse, ça se détache quelque part, c’est sûr.

Comme dans les romans de sciences fiction… rien ne marche docteur… nous sommes pris au piège ! C’est comme sentir venir l’air des grands larges. Entre les parenthèses de vie… une hésitation peut-être.

Des amis sont là, ouf. Une soupe chaude et l’on part dans des ailleurs, les papilles dégustent et se réveillent. Un feu de cheminée, le vent peut bien nous pousser. Et déjà le tangage d’un espace est là en attente. Dans le flottement une voile, dans l’horizon flou, une promesse de voyage, l’ouverture à une liberté qui emporte. Peut-être.

Le vent pousse les nuages, encore de la pluie… cette pluie utile à la nature… c’est de la neige sur les hauteurs… celle qui revêt d’un merveilleux manteau blanc les sommets qui se dévoilent à notre regard Le buffet multicolore a des effluves mélangées, l’improbable se tient juste là dans le brouhaha. Les plats soignés dont on peut humer le fumet passent.

Encore du vent ! La sensation diffuse, c’est sûr. Ces images, ces sons, ces odeurs, ces goûts, la densité de la matière. Alors la phrase se met à bouger, comme la voile se défroisse ailleurs et s’anime dans le ciel lumineux libéré des nuages. Et hop… quelques heures plus tard, 24, 26 ? peu nous importe… le temps ne compte plus et le soleil est là ! Le vent dans le dos, ça réveille le corps. En partance, les narines sentent, les lèvres s’entrouvrent et l’esprit pétille.

Merci le vent dans le dos Le thorax est souple et gonflé comme une voile déployée. Imperceptible ? C’est sûr, mais c’est là, dans l’escale inattendue. Le parfum d’un autre départ ?

 

En sortant, je tombe face au Père Lachaise, je pense : « Ici, pas de vent dans le dos ». Le vent, on aime y être n’est ce pas ? être dans le vent… Mais voyant les touristes, sac au dos, prendre des photos du lieu, je me dis : « Tiens ! La célébrité a encore le vent en poupe ». Une expression maintenant un peu surannée ?

Je m’achète un journal au kiosque. Pourtant dans nos sociétés encore d’économies de la consommation, être dans le vent est indispensable… Je lance un  » bon appétit ! ». Alors, comme saisi d’un vent dans le dos, le vendeur derrière la pile de papiers commence une digression joyeuse. C’est contagieux ! Le vent a trop été utilisé… la terre est en colère… elle fait souffler des tempêtes et dit…

Le soleil m’apparaît d’une infinie bienveillance. L’automne parisien est roux canadien. Je caresse l’écureuil intérieur tout en légèreté retrouvée. On tend l’oreille on entend le vent, certains entendent des messages, tandis que d’autres font la sourde oreille…

La confiance d’être là habille le moment. Serait-ce un peu comme se sentir chez soi en intégrant une nouveauté ?  Serait-ce sentir l’oscillation, et incarner son mouvement qui attendait Il n’y a rien à entendre, juste voir…

Alors, à chaque point de départ, le souffle pousse à densifier le corps, ça picote d’une impulsion en attente. C’est là, un jour ou l’autre. Tout l’être a le choix de se tendre vers l’objectif ou pas. Agir ou être agi ou un peu les deux peut-être. Une énergie vitale en action. Voir le vent, ce qu’il nous amène, ce qu‘il charrie avec lui !

Le vent dans le dos c’est comme on le sent.

 

 

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