Traces

Le temps de me poser pour écrire ou lire m’a manqué ces temps-ci… Il fallait tracer, faire, suivre le mouvement trop rapide, s’oublier, jusqu’au warning, cet agacement qui me ramène à l’oscillation intime. Je reviens déposer une poésie du bourgeon, de l’émergence, face à la culture de l’urgence…

La neige fond, dévoile le bourgeon,

Et l’arrêt devient rideau de vie 

D’une nouvelle partition. 

Qui sait, souris! 

Ce matin, l’air se pare de parfum de toujours,

De ces petites fleurs blanches, invisibles 

Allez, monte à bord!    

Tout est là, émerveille encore

Qui sait l’animal animé 

D’un dessein fabuleux  

et d’un libre trésor  !

©Véronique Bonnet

Vue du Mont Mezenc, Auvergne

vue du Mont Mezenc, Auvergne

Réveil

 

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En vibration claire, ce matin, 

Le pouillot véloce se balance. 

Direct, puissant,  le chant du petit oiseau résonne  jusqu’au tréfond,

Et touche soudain la cible mouvante…

L’oreille s’ouvre, et peut entendre, encore une fois… peut-être…

Les remous grondants se diffractent dans le corps palpitant…

Les griffes enterrent l’ombre insoumise

Et  la peau frissonne de la caresse d’une plume…

Un libre bouquet de parfums

Emane les couleurs d’un châle nomade.

D’étranges fleurs gitanes emmêlées,

À la lumière traversante de racines,

Sont déposées sur la table…

Le bois délavé  se remet juste d’un hiver éprouvant,

Les écailles de la peinture blanche révèlent la trame,

La peau du bois tendre.

Sur les cendres encore chaudes

Le feu se ravive, déjà confiant? 

Un souffle de rien passe… 

Mais n’est-ce pas tout? Qui sait…

 Il embrase les ventres,

les coeurs s’apaisent, 

et les corps s’enlacent.

Il passe et repasse, ce parfum d’amour…

L’animal, à côté, se repait, se lèche et s’allonge lascivement. 

Il regarde la femme, effrontément, intensément. 

Et ses yeux se tournent vers l’amant. 

 

©Véronique Bonnet