Atelier méditation

#méditation#nature#souffle#respiration#autohypnose

Une fois n’est pas coutume, je mêle ce texte parlant de méditation aux poésies et autres textes du blog…

« Le souffle c’est la conscience et la conscience c’est le souffle. »

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Ainsi les pensées qui veulent contrôler le champ de l’être sont-elles invitées à occuper une place qui prend en compte le corps, la respiration, comme le suggère la parole ancestrale. 

Si vous vous reconnaissez au moins une fois dans ce qui suit, vous êtes éligible, selon un terme officiel  à …  reprendre ou continuer ( ou commencer) vos séances de méditation !

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Les pensées font partie de nous mais ne sont pas nous. Pourtant, confusion, hyperactivité et désir de garder le contrôle,  nous conduisent au réflexe bizarre de nous appuyer sur des pensées qui sont des suppositions parfois délétères. 

Alors que s’appuyer sur des forces vitales est une ressource sûre, nous ne le faisons pas toujours en priorité.

Pourquoi?

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La force de persuasion des pensées négatives nous coupe de la sensation de notre corps, et de la relation entre le corps et l’esprit. Elle maintient une alerte y compris sur du virtuel.

C’est dire la puissance de nos pensées. 

Nous pouvons nous en servir pour laisser revenir le « contrôle positif », celui de la réinitialisation écologique, de notre fonctionnement global basé sur l’écoute, la perception, l’attention au corps…

Mais cela ne veut pas dire :  s’écouter, s’écouter trop, ou s’auto -centrer en boucle et oublier de se mettre en relation…

Au contraire, la petite phrase ancestrale aborde une notion simple, et terriblement moderne sur la respiration : 

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Porter son attention au corps. Percevoir son corps et respirer. S’y prendre un peu tous les jours. Même 10mn à sa chaise de bureau, quitte à mettre une alarme sur son téléphone. 

Nous sommes alors étonnés de constater que cela change notre rapport à nous-mêmes, à l’autre et au monde. 

Comme nous pouvons être étonnés que toute brassée de mauvaises nouvelles peut éloigner de nos pratiques les plus vertueuses ! Que dire alors si une chaîne de tv ( ou plusieurs ) les diffusent en boucle (les mauvaises nouvelles, pas les pratiques vertueuses) … 

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La méditation et la méditation «  en mouvement » aident à reprendre contact, régulièrement avec nous-mêmes. Ce sont des pratiques de re connexion, à nous, aux autres, au monde. 

La respiration,  est une porte accessible vers le coeur, le nôtre et le cœur des choses de l’esprit, en direction d’une relation à l’autre et à la nature. Une ruse pour ne pas subir de front un assaut de pensées, et le flot des émotions, ou l’écran neutre, mais pas anodin, que l’on met pour cacher nos émotions. 

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Si l’on n’arrive toujours  pas à se poser, prendre avec soi simplement un rendez-vous pour méditer, peut permettre de déjouer la tyrannie du mental. On peut observer combien de pensées, croyances nous éloignent de ce moment qui est pourtant naturel. 

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Si l’on n’y arrive toujours pas, oser se désobéir, faire le « Boudha rebelle » (pour reprendre le terme de Dzogchen Ponlop, et sans plus se poser de question), s’y mettre. 

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Si cela vous tient toujours éloigné du coussin ou de la chaise ( en position assise, dos droit, dans la sensation des points d’appui du corps , dans la sensation virtuelle entre le corps et le support qui vous reçoit, dans la sensation des bruits autour, d’une image ) 

alors, c’est que vous préférez peut-être «  la méditation en action » comme le disent certains méditants dans notre atelier. Vous êtes plus sensible au positionnement du corps dans l’espace, vous préférez bouger. 

Partir dans la nature, pratiquer le jardinage,  des activités créatives manuelles ou d’écriture. Ecouter ou faire de la musique. Lire.

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Alors, vous méditerez en marchant, ou en faisant du vélo de façon « consciente », du sport. Vous trouverez une façon de vous sentir bien. 

Alors, vous aimerez peut-être revenir vers les activités dédiées au souffle et à la conscience du corps qui permettent de faire l’expérience de l’unité corps-esprit-coeur. 

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Vous avez le choix de vous installer pour faire des mouvements de yoga, de gi gong, de danse spontanée, dans l’intention de porter votre attention au corps, à la respiration sur l’une partie ou l’autre du corps. Puis de laisser le corps respirer et de l’observer.

Nous avons nos cinq sens et aussi la proprioception ( le sens de position du corps dans l’espace, en statique ou en dynamique). 

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Laisser les sens observer ce qu’il y a autour, puis le ralentissement  du mouvement comme une curiosité de sentir combien, au lieu de faire perdre du temps, ça nous fait gagner du temps. 

Celui où, présent à soi, à l’autre et au monde, nous nous sentons heureux de vivre, dans le monde, dans la nature, présents comme ils sont présents, à chaque instant. 

Vous trouverez. 

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Et si parfois nous nous sentons découragés, prenons le temps de recevoir cette information  «  je suis découragé.e » ( nous recevons bien les mauvaises infos de la TV et nous ne nous écouterions pas dans notre météo intérieure? La blague …). 

Prenons le temps d’en prendre soin, de cette émotion, comme dit Thich Nhat Hanh ( nous n’aurions pas droit à ça ? Quelle blague …) avant de laisser le flux de la vie couler. Le sentir couler dans vos veines. 

Humains que nous sommes, à vouloir être plus que nous ne sommes, ou alors à ne pas nous autoriser à dépasser nos croyances.

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A chaque instant vous pouvez travailler à être là, relié d’une autre façon. C’est vous en « augmenté » de cette parcelle consciente de ce qu’Hegel appelait « l’âme sentante ». 

Alors vous faites plus confiance à la vie et vous vous faites confiance à aimer la vie et vous pouvez sentir que la vie nous aime. Jusqu’à l’aspect spirituel de la vie en tant que reliance au monde. 

Vous ancrez cette expérience de façon corporelle en refaisant un exercice de présence régulièrement. Vous ricanez moins, vous souriez, vous riez. Vous vous surprenez à patienter même …  Tant de choses sont plus grandes que nous, nous dépassent. Et nous donnent confiance aussi, comme la lumière d’un matin de printemps par exemple.

Et vous savez que c’est une affaire de tissage qui évolue jour après jour, et se partage.

Belle journée à vous ! 

©Véronique Bonnet 2021

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  • ateliermeditationchevreuse.com ( ARC de Chevreuse) 
  • atelier avec l’AFHTSMA

Flâneries et émerveillements

Très heureuse de vous faire partager la sortie du recueil… Pour flâner un peu…

Véronique

L’amour va…

Au confin de contrées étranges du quotidien

Flottent des villes individus-

Îles invisibles pour le coeur-

Dit-on.

Indivisibles croit-on-

Pourtant combien d’éboulis individuels en

Tombent

Face à la force qui ravive le coeur des humains.

Exit le romantisme des ruines,

Bonjour la pulsation intime du tambour

Le partage en corps accords,

En coeurs accords

Encore à coeur

Un thème : Amour.

©Véronique Bonnet

Coquillages et coquecigrues

#agendaironique

Cet été, c’était donc retour à la plage… d’une façon ou d’une autre avec le thème proposé par IOTOP, du blog  » le dessous des mots » pour l‘agenda ironique d’Août 2020 (KECEKECE ici l’explication de ce jeu d’écriture ou : ICI). Dans l’envie  de souffler, de partager, de rêver, de laisser  venir l’inspiration, au gré de l’imagination, de marcher, de rire, de bouger, de ne rien faire, de s’émerveiller devant la vitalité de l’été, tout est là. Un thème : la plage, réelle ou pas, des mots imposés en contrainte d’écriture ( flot, argile, perche, monoï).
Donc ma participation, limite dans la plage ( avant le 26/08) , la voici :

Un coquillage posé sur une étagère comme autrefois sur la plage, dans un ailleurs intemporel… Bien sûr que même sans approcher l’oreille de la conque, chuchotent déjà en moi les flots bleus, le ressac et les vagues lentes. Cette danse lancinante que j’aime s’anime.

Plage d’été, plage arrière, plage d’un CD, plage de silence… Sans pause, pas de rythme, pas de musique, pas de respiration. Le retour à la plage, c’est une oscillation, d’une façon ou d’une autre et l’inspiration d’un voyage.

Allongée sur le ventre, dans la chaleur de l’été atlantique, les pieds battent dans le sable et retombent dans le creux frais dégagé par les orteils.

Le chapeau de paille laisse passer une discrète brise. Elle sèche les gouttelettes de sueur qui perlent sur le front, le bord des lèvres… C’est salé. L’océan est si présent en moi que je m’imagine être ce coquillage de la grève, plus près des vagues voluptueuses qui s’écrasent à grand fracas sur le sable fin.

Les cheveux humides ont le parfum du monoï ; l’ombre aérée du chapeau me rafraichit et laisse filtrer des raies de lumière. L’odeur de la paille chaude sur ma peau. Je ne sais plus si je suis à la campagne ou à la mer. Je sais m’étaler mieux que mon chat et je le prouve en m’étirant encore plus…

Une vague fait crier au loin. Je me souviens amusée du temps où j’étais la grande perche qui sautait avec délices dans les vagues. Je lève un coin du chapeau, ouvre un œil, soudain attentive au mouvement, à la couleur changeante des flots.

Le va et vient de l’eau lèche la grève, l’épouse, se retire avant un nouvel assaut. C’est beau la nature… Le coquillage en a été délogé et se fait ravir par une grande lame. Des cris en cascades et des tombés de corps en rafale lorsque les pieds des baigneurs semblent d’argile, pris par un courant. Ils ressortent tout pailletés de sable dans les cheveux et reviennent vers moi.

Je replonge le nez dans la chaleur sèche de mon bord de serviette, pas du tout sûre de vouloir être éclaboussée au creux de ce délice circulaire.

©Véronique Bonnet

Le confin ne ment

« Je ne me suis jamais sentie vieille, mais grâce au confinement, c’est fait! »

dit Marie, au début de l’atelier de méditation. Adapté avec les outils numériques -qui l’eût cru?-, téléphone pour elle, visio pour les autres, nous voilà suspendus au retour de chacun, avant de commencer la séance. Et Marie est en verve.

Toutes ces règles sur les plus de 70 ans, elle les a vécues comme des mesures qui disent de façon maladroite la protection organisée. 

« En voulant protéger ainsi, vous nous enlevez notre vitalité » semblait dire Marie. 

La situation a révélé ce qui était là, sous l’iceberg. Une société basée sur la peur, engendre le désir du toujours comme le refus de l’aléa. Elle propage aussi la confusion par le paradoxe des annonces. Le monde du doute, de la suspicion, s’en nourrit, s’assombrit, en lieu et place de celui de la confiance et de la lumière. Savons nous ce que nous voulons nourrir, comme dit l’adage?

Que dire de l’effet déshumanisant des annonces des morts en direct, à portée d’oreilles d’enfants, du manque de lien, de la solitude ou au contraire de l’impact de la promiscuité? En retour de ce virus, j’ai fait l’expérience de l’impuissance dans un contexte où je ne pouvais m’appuyer que sur … ma respiration et le lien humain. J’y ai senti, au milieu de tout ça, l’explosion d’une liberté, celle de l’être au delà des murs.  J’ai ouvert mes carnets, mes écrits en attente, et j’ai écris encore, décidée à ne plus attendre. Et j’ai beaucoup aimé partager en visio… Qui l’eût cru? Même pas moi!

Au delà de la cabane, la liberté ressentie me porte. 

Alors, oui , Marie, bien sûr que je les vois tes yeux pétillants de vie, la poésie dont tu parles en t’excusant. 

Regarde, comme tes mots harmonisent  ton corps bandé comme un arc. 

Ce corps a fait des arts martiaux; il s’en souvient parfaitement. Tu le ressens révolté à l’idée d’une confiscation de la liberté d’être.

Le paradoxe dehors agit dehors aussi : « Profitez donc » semble me dire encore une fois l’allée de roses qui n’a jamais été aussi belle que cette année … 

«  Un petit masque, Marie, comme un écran, n’empêchent pas les cœurs de battre ensemble… Nous traversons cela… tu le sais bien, dans l’humour aussi, toi au téléphone et nous en visio, dans le même temps. Et nous ressentons quand même l’être ensemble de façon impressionnante. Un groupe porte et soutien, quel qu’il soit. Le lien est une clé.

 Écris tout ça ! » lui ai-je dis.

©Véronique Bonnet

… Et voici ce qu’elle m’a envoyé : 

Texte : Passage à l’état Vieux des confinés dès 65 ans

V…

« Soleil Vert » décliné en confinement

65 ans – 1 seconde, et à la seconde suivante

La rupture de cycle s’est produite sur le tableur,

Tu ne réponds plus à la scorecard du présent,

Ton mode d’adaptation à la circonstance demeure

Et la valeur française au XXIème siècle : le Vieux

Liée à bien des facteurs t’envoie vers d’autres cieux.

Vétéran, vieux, vieille, vieux con, vénérable, anciens, politiquement correct « seniors » attention

V comme virus, stop, danger, Covid..

A l’annonce, rendez-vous déplacés

Vie organisée sans ennui avec créativité

Action, réaction, bougeons, donnons

Ecoutons, tout simplement vivons.

Petit air d’été en mode Soleil Vert :

Les edelweiss regardaient le ciel

Les choucas battaient des ailes

L’air frais emplissait tes poumons

La neige jouait sur tes crampons

Le vent entonnait son refrain

Tu marchais vers les Ecrins

Petit air médiatisé made in France :

Et soudain, le couperet est tombé « vieux »

Ta forme s’est recroquevillée sous la sentence

Tu n’as pas vu venir les experts en aïeux

Alors que tu vivais avec la pleine conscience

De toute cette actualité tellement nourrie

Par bien des voies différentes et des non-dits

Quelles que soient tes compétences, l’humain est objet

Le sujet est décliné, et malgré ton adaptation

Il s’est généré un processus d’insertion

Pour te faire passer en une seconde de l’état actif

A l’état passif qui pourrait rapidement devenir létal

Si tu ne savais tirer profit de tes expériences en général

Voici venir le temps de continuer à croire à la vie et au présent

Voici venir si nous n’y prêtons pas attention un soleil verdoyant

Vieux tu es nommé mais la valeur n’est qu’une donnée

Vérité, contre-vérité, velléité, volonté, vertige et relativiser.

+1 seconde à la césure de la classification

©Marie Chevet

Voltige silencieuse

https://lmoreau-photographe.com/Photographe : Laurent Moreau


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Et soudain, 

Débrayage… 

Le temps suspend son vol

Oui, le poète, c’est arrivé.

Ça nous laisse la bouche ouverte

La terre qui se dérobe, 

Qui s’exprime dans ses paradoxes, 

Elle, jusque là exploitée. 

Dedans, la respiration peine à ouvrir les poitrines

Et dehors, la nature croit, encore plus verte.

Le ciel renvoie son bleu le plus vif

Aux cœurs étonnés d’être encore frivoles,

Aux têtes en instance de tourner la page.

Déjà la nouvelle peau recouvre l’être dénudé.

C’est au poil dit un bénévole. 

L’aigle qu’on n’avait jamais vu par ici

Apprend le survol.

La respiration au corps défendant

Reprend sa place. 

Le temps s’écoule

Parle de patience et de regard élargi.

Implacable comme la goutte en trop. 

Les yeux encore surpris

Ou peut-être rougis,

Les hommes et les femmes écoutent les bruits de la nuit.

Ajustent là -dans l’échange –

Poreuses, 

Les membranes, en souplesse 

Qui respirent 

La vie généreuse. 

©Véronique Bonnet

Souffler, c’est jouer

Une grande main te scotche par terre, et te mets à l’épreuve de la soustraction, toi qui t’agitais pour faire face, pour soigner. Réduite à l’immobilité. « Nous ça va, on tient bon », dit une amie.

Abasourdie du contexte, tu restes là, à l’écoute des signes et à planter ton drapeau de présence, à économiser ton énergie pour guérir très vite, à vouloir rassurer les autres. Mais le  » oui, ça va aller » ne sort pas. Les proches n’auront qu’à décoder.

A regarder tourner le monde sans pouvoir y ajouter un geste, je sens une nouvelle fois combien la respiration est ténue, essentielle,

Combien elle me fait sourire quand elle me traverse, si ample, 

Combien les oiseaux chantent sans se décourager,  

Combien l’amour durera après nous, 

Combien  – c’est une intervention urgente – je peux laisser tomber, pensées, émotions, qui fatiguent encore , qui saturent. 

Plus je respire, plus je fais entrer ces petites molécules d’oxygène, d’une drôle de façon. En les visualisant je mets leur mouvement, leur restauration, à l’intérieur. Plus j’accompagne vers la sortie, le gaz carbonique en lui donnant une forme, une couleur, plus il draine toutes ces choses inutiles dont je n’ai pas besoin , là, dans l’instant.

Alors le corps s’enfle de l’indéfinissable charme du regard allégé, qu’on appelle profond. Bienveillante densité que voilà… Le corps en entier entre dans une expérience de portance tellement douce. Une évidence vitale balaie le devant de la porte et toute la maison intérieure, une nouvelle fois. Le gardien des lieux fait rapidement le point sur les forces à reprendre, et le corps y croit, le fait sentir. Une vibration, une oscillation suffisent en langage parasympathique du corps. Il est fait pour cette finesse de changement.

Alors tu sais que la patience est guérisseuse et que les distorsions extérieures peuvent rester au delà de ton bouclier de vie. Il n’y a que la respiration et la résolution, l’amour de la vie à partager qui puisse t’atteindre, là, maintenant. 

D’ailleurs, à l’heure où je vous écris, je vais bien …

©Véronique Bonnet

Bleu

Une photo de mer,

Couleur,

Va et vient des vagues,

Patience de l’anneau qui garde le port

Et le souvenir des voyages.

©Véronique Bonnet

Bourgeons

Prends soin de ta peur,

Chéris-là dans ton coeur,

Jusqu’à ce qu’elle puisse éclore en germe de vie

Au lieu de mettre de l’ombre sur ton âme.

©Véronique Bonnet

haïku de printemps

Chant d’oiseau au loin

Mousse souligne le chemin –

Bourgeons insolents

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©Véronique Bonnet

Coulée de love

Viviane Restiau « coeur ébullition » Lumière des Mondes

De sourires en tiges d’amour 

Les brassées auto portantes 

Jusqu’aux points sublimes, 

Coulées de love en fusion 

Dans les corps en effusion

Lissages d’amour

Coiffent les amants lianes.

Respirations de vents d’autan 

En tressage d’humour

L’espace sans temps 

Cueille les  fauves assagis.

Ralenti incandescent 

En live 

Impudique fond 

Évanescents mouvements 

Coulent de source.

©Véronique Bonnet

Colores del corazon

#agenda-ironique

La Giralta brillait dans le parc. Il se mit à chanter. Je cherchai quelques secondes la voix. Là sur la rampe de la lune, je le découvris, enfin, au cœur de la nuit. 

Il se tourna vers moi, et je sentis son chant luire de tant de vies. 

Les villes invisibles dans cette apparition, dans ce corps tendu vers les étoiles et ce coeur ouvert au don … Ça vibrait au fond des ombres. Je m’éclairais de mille vagues de reconnaissance, joyeuses, suspendues dans l’espace entre nous, étirées comme des entrechats. Je fis un pas lent vers lui encore. Sur le palais sévillan, les lions souriaient de toutes leurs dents. Les dindons et topinambaulx plantés de l’autre côté du mur, dansaient, car l’absurde fondait.  Jaquemart magicien du temps descendit jusqu’au pied des orangers, au fil du diapason. La vibration convoquait à la fois, la larme en perle et le soleil qui sèche et éclaire, l’arc en ciel à partager.

Une magie bien subtile, le chant, la surprise et la présence… 

Dingue, ding, dong, dis-donc mais ça résonne  pas pour l’agenda ironique , c’t’ histoire? 

Je n’en sais rien, l’essentiel est de participer et les sens-ciel invisibles pour les yeux. 

©Véronique Bonnet

orient express

#agenda ironique

Je me tais, et hume l’air clair du pont. Accoudée à la rampe, face au jaquemart décati, qui se détache de la lumière, j’ai l’impression d’écouter l’âme des hommes, le fil du temps, en descendant le Nil…

L’eau file sous la coque du bateau. L’air est chaud et ça sent la terre mouillée. Je cligne des yeux, rajuste mon chapeau de paille. Une femme en écharpe de plumes de dindons descend d’une embarcation voisine, à la recherche de quelques topinambaulx exotiques. Une rescapée d’un livre d’Agatha ? il me prend l’envie d’un entrechat, dans cet entre-temps théatral. Le clapotis me pose sur le fleuve dans le délice d’un inconnu connu- ou alors est-ce un connu inconnu ? Quand la confusion apporte la solution, il n’y a plus qu’à se laisser flotter dans la perception… Tiens, il me semble voir le jaquemart doré remonter le temps…

Le rythme d’un quotidien ancestral défile là sur les rives, probablement millénaire. Les enfants jouent en s’ébrouant près de l’eau. J’entends des ânes braire à côté, toutes dents en avant et le brouhaha, la clameur, peut-être d’un marché. Des odeurs de dattes mûres, de miel et d’épices montent jusqu’à nous. Le chant du Muezzin s’élève. Je cale mon menton sur l’avant-bras.

L’écho vibre dans mon intime brumeux, par-delà le tempo du Nil qui s’étire comme le son… Une sagesse bleue s’épand dans le paysage baigné de la lumière douce. Je souris, les fossettes en parenthèses d’amour.

« L’essentiel est invisible pour les yeux »…

©Véronique Bonnet

Voici ma participation à l’agenda ironique de janvier,  » les villes invisibles », organisé par votre dévouée!

Pour le moment, c’est le deuxième texte, les autres sont encore…invisibles… A suivre jusqu’au 27 janvier, résultats le 31

Pour l’explication du thème du mois : c’est ICI

Et pour tout savoir sur l’agenda ironique, jeu vagabond d’écriture, dont l’organisation passe de blog en blog, c’est sur les sites suivants :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/lagenda-ironique-kezaco/

https://differencepropre.wordpress.com/agenda-ironique-ou-es-tu/

Emergence, confiance

Laisser émerger, vibrer, être là!

Ensemble !

Bonne année 2020!

Ecris

Écris

Écriture 

Ecrit tue

Écrit dure

Écritoire 

Écris-toi

Écris joie

Écris vain

Écris tout

Essuie tout

©Véronique Bonnet