Agenda ironique de juin : le saltimbanque d’à côté

« Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant« 
Le clown, on le croisait dans les rues du village, sans son nez rouge. Les voeux du maire avaient grand succès, car on savait que Raymond Devos toujours présent, ne se ferait pas prier pour faire une digression délirante, l’air étonné de ses propres propos, devant un ‘auditoire gondolé.

On m’a raconté qu’il invitait les voisins à monter dans son petit théâtre sous les combles. Il les faisait asseoir et jouait sous leurs yeux médusés, certains de ses nouveaux effets, en scrutant attentivement le jaillissement du rire.

C’est une maison qui se visite aujourd’hui, et qui allume la tendresse amusée, et la magie du spectacle.
©Véronique Bonnet

Les saltimbanques
Guillaume Apollinaire
Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises.
Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L’ours et le singe, animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage.
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

a

slam ironique

Le thème de l’AGENDA IRONIQUE de juin que je vous propose : Voilà l’été !! TOUTES LES FOLIES ET DERISIONS SONT BIENVENUES, MAIS… votre texte fera suite à ce début de la chanson « les mots » de la rue Kétanou).

Voilà ma tentative à l’agenda … Pas si facile de raccrocher le propos, j’avoue…

« Approchez, approchez mesdames et messieurs car aujourd’hui grande vente aux enchères! Dans quelques instants de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots! Un mot pour tous, tous pour un mot!
Des gros mots, pour les grossistes,
Des mots de tête, pour les charlatans,
Des jeux de mots pour les artistes,
Des mots d’amour pour les amants. »

« Un mot pour tous, tous pour un mot »… L’air a commencé à me reprendre sur le site de Chachashire, « différences propres et singularité ». De hameau d’amour en maquis-art et zones portuaires, aux limites limites, je me suis souvenue d’un petit rien composé pour des amis, après un voyage qui nous avait rendu à notre propre solidarité. Le petit « rien » à partager qui apparaissait là-bas si naturel, l’était moins ici dès le retour. Alors un slalom biz-art plus qu’un slam vrai j’avais composé, pour leur témoigner une tendresse, un machin, un baz-art. Allez, c’est l’été, j’ouvre la fenêtre du truc à l’air libre, des mots courts qui vont plus vite :

J’suis là dans mon falzart 

Je vous lis et ça repart

Non c’est pas biz-art

C’est sm-art, smurf et du trip -art

Chacun sa quote part

Cot cot cot? 

Ça sonne comme un faire-part

Rancart, encarts, flambart 

Tout ça c’est plein de brocart

D’amour, pas de traquenard!

Pas de rempart mais un nouveau départ ! 

Salut les gaies- parts, les guêpes-arts, les guépards, les queutards !

J’en perds le nard! Même pas fumé d’pétard! Même pas d’cafard!

Alors, qu’on soit les arpions en éventail, 

Ou à arpenter la vie dans ses artifices, 

Nous voilà, sans sacrifice, sans rockstar,

A sortir de notre coltard !      

Top départ !

©Véronique Bonnet

Organisé sur le site ce mois-ci, infos et participation :

) :https://poesie-de-nature.com/2019/06/02/agenda-ironique-de-juin-la-brocante-dete-cest-ici/

Soie?

Je garde un fil…

Au fil du rasoir, mon train,

Au fil de la course,

Je garde un fil…

Le long du paradoxe,

Je garde un fil 

Qui relie mot et âme.

Quel fil garder ?

Je regarde le film,

Je lis les mails, je jette les spams.

A genou, je me sens,

En boule dans une penderie

En drôle de causerie.

Je tire les mailles du fil de soi,

Débobine, rembobine, 

Tisse, et métisse.

Perd et manque,

Vertige consumé.

Les jeux sont-ils faits ?

Pas si lisse, pas si vite…

Déployées, assemblées dans le hasard,

Sont les vibrations, les vies cousues main.

©Véronique Bonnet

Tu es

11 novembre 2018

Tu es…

Le temps s’est tu, il a chu, le long d’une pente vertigineuse, boueuse, sanglante.

De ce grand silence après la guerre, il reste des pierres froides gravées,

Presque inhumaines, normalisées, dressées au milieu des villes…

Et  ces statistiques qui noient le singulier, le précieux…

Tout juste après la déflagration, les confidences sont chuchotées aux sourds,

Et les films comiques revêtent l’impensable d’un sourire…

La nausée  ravalée…

Aujourd’hui, tu es parole retrouvée, flamme choyée…

©Véronique Bonnet