Dans le secret d’une journée de Printemps

2018-03-13 22.53.40.jpg

Le bruissement passe, 

D’un ou d’une…

Peut être une fine guêpe, ou alors un bourdon dans le vent chaud…

Laissez donc vos oreilles ouvertes, 

A d’autres vibrations entendues.

Sentez, ces parfums de  fleurs attirantes que vous ne voyez pas encore… 

Caressez lui le coin de la bouche

Et laisser le sourire faire apparaître la fossette, la douceur attendrir la pointe de sensualité,

Et la sensualité faire dresser l’essaim des désirs… 

Soupesez la proposition… 

Humer le parfum de lilas, ou peut-être, celui de l’ylang Ylang, et commencez à agiter le lac intérieur en profondeur.

Comment faire, dites-vous?

Ma foi, je n’en sais rien, on a rarement tous les ingrédients… 

Laissez -vous surprendre, improviser, par ce qui est là, jusqu’à  ce que la préparation chauffe.

Laissez frissonner  et rougir…

Alors, à bonne température – que vous seuls connaissez –

Laissez le mouvement lent délier les corps et la nudité nimber la nuit d’amour et de suaves paysages. 

À ce moment précis , et si vous  preniez un temps pour  laisser la guitare gratter la peau,

Amplir les coeurs brûlants?

Vous pourriez peut-être, de mouvements en mélanges, 

De sensations tutti frutti en dunes douces , en sable émouvant,

Vous laisser ravir par le parfum.

Sa présence est dense, puissante.

Prenez votre temps pour écouter alors la vibration agir, rugir , 

Et la vague venir de loin et éclabousser les corps.

©Véronique Bonnet

La lecture conjointe des deux sujets du mois m’a inspiré ce texte. C’est donc ma participation aux deux  défis suivants :

  • Pour : A vos claviers :  » Composer un texte sous la forme d’une recette qui ne se mange pas « , thème proposé par Estelle de  « L’atelier sous les feuilles ».
  • Pour : L’agenda ironique de mai : « NU, NUE, NUS, NUES…. déshabillez-vous! » , proposé par Valentyne de « La jument verte ».

L’agenda ironique : le cirque bleu de Chagall

Bon, je me lance… Voici ma participation  pour « Le cirque bleu de Chagall » dans le cadre de  l’agenda ironique avril 2018 organisé par « l’atelier sous les feuilles »

chagall-cirquebleu-a_0

(Le cirque bleu de  Chagall : source)

 

Au cœur de Paris,

Le chapiteau est en imperméable vermillon.

Il apparait comme dans un tour de magie.

Hop, le voilà, sur le terre plein ! Non pas un lapin !

Enfin une fantaisie au milieu des immeubles de la porte Maillot, et des beaux escarpins.

Le cirque Romanès !

C’est bien loin du business ou de la dame patronesse…

Il est tout beau, comme sorti du songe d’un petit à la fenêtre.

Les bâches sont ouvertes, rouges et bleues, en pleine ville,

Je m’approche, impressionnée comme une fillette,

Je suis la première, je m’avance encore.

Il fait noir dedans, je franchis l’entrée.

L’air sent la poussière et le cuir animal,

Le silence et le vide m’absorbent, mais au final,

Les yeux finissent par distinguer, pêle mêle

Harnais posés de côté, cordes savamment nouées, tabouret fait d’un sens interdit,

Table recouverte d’un patchwork indien, ou peut-être turc,

Et voilà le grand rideau orangé, doré et chamarré… les couleurs de  Chagall…

Mais il s’ouvre sur la piste sombre et les strapontins sont  vides. Encore un pas…

« J’arrive », dit l’inconnu, » je vous mets la lumière ! »

Clac ! clac ! J’avance encore… Et soudain… j’entre dans le cirque bleu,

Outremer comme le songe,

comme les étoiles de l’enfance, comme le tableau de Chagall…

J’entre dans le cirque multicolore, en plongeon de lune argentée,

Je pars en voyages lointains, juste là, sur la piste,

Je m’étire en entrechats impossibles,

J’entends les rugissements, les galops élégants de ces chevaux verts sans nuls autres pareils,

L’air se fend de coups de cravache qui ouvrent la sarabande,

Le pantalon de Mr Loyal passe, la jupe gitane ondule et le tambourin sautille,

Le clown triste dessine enfin son sourire,

L’écuyère en tutu scintillant virevolte et s’allonge en poisson chat,

Les danseurs rougeoient sous les yeux médusés,

Les couleurs métamorphosées se dorent aux rampes,

Le temps d’un numéro, dans l’espace-temps survolté, le temps de la lumière,

C’est mieux qu’une prière.

Et toujours, pourtant, le noir attend les artistes transfigurés, là, juste derrière…

Triste vérité sous le chatoyant du rideau, le sourire dessiné se lasse, s’efface.

Rouge patiné reste le sol, de toutes ces fêtes, de tous ces souvenirs,

Rouge palpitant est le cœur aimant de tous ces enfants, petits et grands

Qui passent la porte toute simple du cirque bleu…trouver l’abri du rire.

 

©Véronique Bonnet

2018-04-21 01.40.40

2018-04-21 01.40.24

2018-04-15 10.43.15

2018-04-21 01.51.04