Il n’y a plus qu’à se reposer

Au front pensif se pose

Le ciel limpide du petit matin.

La pollution a déserté.

Dans mars 2020,

Un rêve surréaliste incarné :

Le bleu provençal en île de France.

La clarté et la légèreté des oiseaux, 

Dont le chant envahit 

l’espace désert de la rue.

Torrents de pensées dénotent 

En notes sont vite changées. 

Bordure du vieux jardin

Ne résistera pas 

A la poussée des graines

Au soleil de printemps,

Aux tournesols à flanc de parcelle,

Aux vivaces prêtes à s’élancer

A la famille, aux amis réunis.

Les chats gardent la clepsydre. 

Calme étrange derrière les volets

La vie qui sait patienter. 

©Véronique Bonnet

Al bone’s One Man Balkan Brass Band, Vincent Gaertner, Nuria Rovirat Salat
En mode confinés ! Merci les gars, merci Nuria !

Journal d’un confinement

L’occasion de “défaire le confinement par ce qui nous rend humain : la parole partagée”. Le directeur du théatre de la Colline, à Paris, partage sont journal en ligne, dans ce temps d’épidémie de coronavirus ( article Les Inrockuptibles).

Vous avez, au-dessous le lien pour écouter ce texte que je trouve d’une grande justesse.

https://www.lesinrocks.com/2020/03/19/scenes/scenes/le-journal-de-confinement-de-wajdi-mouawad/

agenda ironique de février

#agenda-ironique

Fragment d’un calendrier romain exposé au musée de Sousse (Tunisie)  
(Ad Meskens via Wikimedia Commons)

Bravo à Laurence de Palettes d’expression qui est arrivée en tête de vos préférences pour l’AI de janvier des villes invisibles (après Jobougon et carnets paresseux)!

Il semble bien que ce soit Jacou, du blog  » les mots autographes » l’organisatrice dévouée de février après étude approfondie des résultats du sondage! Merci à Jacou d’héberger cet agenda vagabond ce mois-ci!!

De quoi s’agira t-il? Et bien, Jacou nous conte d’abord l’histoire de l’organisation des années bissextiles et questionne : où sont donc passés les dix jours retirés au calendrier du seixième siècle? Elle propose de plonger dans une histoire de temps perdu, dont vous trouverez les détails de contraintes d’écriture juste après :

https://jacou33.wordpress.com/2020/02/01/agenda-ironique-de-fevrier-2020/

La recherche du temps perdu va être passionnante !! A très bientôt …

Véronique

Neuf villes invisibles pour l’an neuf …

#agenda-ironique Par ici pour voter…

Pour l’agenda  ironique de janvier, Janus, mois du passage, s’il en est, je vous demandais d’écrire un « road trip », une déambulation , seul(e) ou accompagné(e), dans une ville, connue, inconnue, imaginaire, terrestre, maritime, céleste… Vous pouviez choisir l’endroit que vous arpentez tous les jours, mais aussi le passé ou le futur. Vous pouviez vous inspirer du livre  » les villes invisibles  » d’Italo Calvino, ou pas trop... Bref, tout était possible! … mais…  Les mots suivants devaient figurer : entrechat, rampe, jaquemart, topinambaulx, dents, dindon. Et le texte devait se finir par la célèbre phrase du petit prince  «  L’essentiel est invisible pour les yeux » 

Lien : https://poesie-de-nature.com/2020/01/04/les-villes-invisibles-agenda-ironique-de-janvier/

Neuf villes invisibles ont vu le jour! J’ai eu grand plaisir à les accueillir, dans leurs différences et dimensions singulières… Vous avez jusqu’à la fin du mois pour terminer de lire et choisir les 3 textes que vous préférez, que vous soyez participants au jeu ou lecteurs de passage (bienvenue à vous! ), et désigner le prochain organisateur pour février, à l’aide des SONDAGES TOUT EN BAS… A bientôt !

-Jobougon : La vibration laisse émerger le grain de sable qui est là : https://jobougon.wordpress.com/2020/01/05/la-vibration-laisse-emerger-le-grain-de-sable-qui-est-la/

-Patchcath : De beaux voyages à raconter :

https://patchcath.wordpress.com/2020/01/15/de-beaux-voyages-a-raconter/

-Poesie-de-nature : Orient express :

https://poesie-de-nature.com/2020/01/14/orient-express/

-Poesie-de-nature : Colores del corazon:

https://poesie-de-nature.com/2020/01/19/colores-del-corazon/

-Victorhugotte : Sextine des villes invisibles

https://victorhugotte.com/2020/01/20/sextine-des-villes-invisibles/

-Chachashire : Sijilmassa :

https://chchshr.wordpress.com/2020/01/21/sijilmassa-agenda-ironique-de-janus-2020/

-Carnetsparesseux : noir d’encre :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/2020/01/22/noir-dencre/

-Palette d’expressions : De villes visibles en villes invisibles

https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/01/22/1464

-Les mots autographes : Guerre et paix

https://jacou33.wordpress.com/2020/01/25/agenda/

+ une hors délai, mais pas des moindres… par Iotop, « le hasard se lève »

https://ledessousdesmots.wordpress.com/2020/03/17/le-hasard-se-leve/

©Véronique Bonnet

Voici Février et les résultats de notre sondage… : c’est donc le texte Laurence de Palettes d’expression qui est choisi en premier, suivi de Jobougon puis Carnets paresseux!

C’était une chouette récolte ! L’agenda continue ses pérégrinations en février : allez voir chez Jacou « les mots autographes », pour découvrir la nouvelle forme du mois, si Jacou veut bien prendre en charge l’organisation du nouvel AI!

Un grand merci et un grand bravo pour vos participations

https://ledessousdesmots.wordpress.com/2020/03/17/le-hasard-se-leve/

A très bientôt !

Véronique

CHOISIR 3 VILLES INVISIBLES :

Villes invisibles ( les textes de l’agenda ironique de janvier)

Et voici les contributions visibles pour le moment… par ordre d’arrivée des émergences, Jo et son texte en vibrations oniriques et ironiques, Cath et son histoire vachement tendre, Véro, votre organisatrice dévouée du mois et la résurgence du voyage, Jacou, baladin de janvier, dont le texte est en cours de flanerie … Véro-Victorhugotte dans une sixtine aquatique, la caravane passe chez Chachashire… et c’est le noir d’encre Soulages chez carnets paresseux. Du côté de chez Laurence de palette d’expressions ça joue du visible en invisible … Et Jo, annonce son retour dans les mots autographes, entre guerre et paix…

Bonne lecture, je reviens vers vous avant la fin du week-end pour vous proposer le tableau des votes !

-Jobougon : La vibration laisse émerger le grain de sable qui est là : https://jobougon.wordpress.com/2020/01/05/la-vibration-laisse-emerger-le-grain-de-sable-qui-est-la/

-Patchcath : De beaux voyages à raconter :

https://patchcath.wordpress.com/2020/01/15/de-beaux-voyages-a-raconter/

-Poesie-de-nature : Orient express :

https://poesie-de-nature.com/2020/01/14/orient-express/

-Poesie-de-nature : Colores del corazon:

https://poesie-de-nature.com/2020/01/19/colores-del-corazon/

-Victorhugotte : Sextine des villes invisibles

https://victorhugotte.com/2020/01/20/sextine-des-villes-invisibles/

-Chachashire : Sijilmassa :

https://chchshr.wordpress.com/2020/01/21/sijilmassa-agenda-ironique-de-janus-2020/

-Carnetsparesseux : Noir d’encre :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/2020/01/22/noir-dencre/

-Palette d’expressions : De villes visibles en villes invisibles

https://palettedexpressions.wordpress.com/2020/01/22/1464

-Les mots autographes : Guerre et paix

https://jacou33.wordpress.com/2020/01/25/agenda/

Bienvenue à vos futurs textes ! Vous avez encore jusqu’au 27 janvier pour poster votre contribution à l’agenda du mois; je vous rappelle toutes les infos sur le thème :

https://poesie-de-nature.com/2020/01/04/les-villes-invisibles-agenda-ironique-de-janvier/

©Véronique Bonnet

Nouvelles îles

guide vagabond de Rôme de Marco Lodoli, ed La fosse aux ours

« Ici Rôme se moque du temps qui se consume dans l’essoufflement ».

« Il arrive de vagabonder sans but dans la ville. C’est un égarement confiant car tôt ou tard, il se passera quelque chose, quelque chose surgira à l’improviste : nous n’attendons rien, mais un rien nous attend. »

« Rôme est une ville qui ne fait jamais table rase : les époques, les siècles, les années, les jours s’accumulent. Possible qu’aucune minute enfuie ne se perde entièrement. »

Et soudain, tout est ouvert, tout est possible…

©Véronique Bonnet

Les villes invisibles ( agenda ironique de janvier)

#agenda-ironique




« Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses; et toue chose en cache une autre.

-Moi je n’ai ni désirs ni peurs, déclara le Khan, et mes rêves sont composés soit par mon esprit soit par le hasard.

-Les villes aussi se croient l’oeuvre de l’esprit ou du hasard, mais ni l’un ni l’autre ne suffisent pour faire tenir debout leurs murs. Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions. »

Les villes invisibles , Italo Calvino, ed Folio

Merci de m’avoir désignée pour organiser l’agenda ironique de janvier… Je choisis de poursuivre l’invitation au voyage . De quoi s’agira t-il? 

Les cartes nautiques merveilleuses de Joan Martines proposées par Carnetsparesseux le mois dernier comme thème pour l’AI, m’ont fait dériver sur « les villes invisibles » d’Italo Calvino »… ce merveilleux dialogue imaginaire entre Marco polo et l’empereur Kublai Khan. 

« On ne voit bien qu’avec le coeur. » leur aurait dit le petit prince . 

Pour l’agenda  ironique de janvier, je vous demande donc d’écrire un « road trip », une déambulation , seul(e) ou accompagné(e), dans une ville, connue, inconnue, imaginaire, terrestre, maritime, céleste… Vous pouvez choisir l’endroit que vous arpentez tous les jours, mais aussi le passé ou le futur.

Bref, tout est possible! … mais… 

Les mots suivants devront figurer : entrechat, rampe, jaquemart, topinambaulx, dents, dindon.

Et le texte devra se finir par la célèbre phrase du petit prince 

 «  L’essentiel est invisible pour les yeux » 

A vos claviers si le coeur vous en dit… Nous sommes impatients de vous lire!!

… Pour rappel : Vous pouvez déposer vos textes jusqu’au, disons, 27 janvier, en commentaire, ici. Cela nous laisse temps et loisir de lire, et choisir les 3 que vous préférez. Je ferai une page récapitulative et sondage ( je vais refouiller dans WordPress pour retrouver comment faire le tableau en question …)

A vos plumes! Le premier texte est déjà là, de toute beauté …

Je vous souhaite une belle année 2020!

Véronique

Et pour savoir tout sur l’agenda ironique :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/lagenda-ironique-kezaco/

https://differencepropre.wordpress.com/agenda-ironique-ou-es-tu/

Au nom de l’île

voyage au bout-de-l’an

#agenda-ironique décembre

Atlas nautique de Joan Martines 1582

Le nom de l’île lointaine, c’est ce qui m’avait attiré d’abord. Mon doigt dessinait le trajet sur la carte portulan. J’y songeais, depuis des semaines, dans les pleins, les déliés, les cursives à l’encre rouge et noire, entre les bateaux et les drapeaux de l’atlas Gallica. Cette île m’attendait. Là dans la blancheur, sous le soleil éclatant, prête à l’éclate des corps et des sens. Avant j’imaginais des aventures à vingt-cinq kilomètres à l’heure, sur ma mobylette, au côté de mon frère. Maintenant je testais je sentais je goûtais j’absorbais la lumière les couleurs les musiques, les sports, les rencontres, sûr que chacune d’entre elles contenaient un secret. Je voulais le percer, le posséder, le proposer à mes clients. Il m’échappait, je recommençais, il fallait que ça crache, que ça brille, que ce soit singulier et exceptionnel, même dans la simplicité. Et puis quand le soleil tombait, quand la fleur se fanait, quand la musique devenait monotone, après la fête, je restais confusément à sentir l’odeur du vide. Ainsi tout ne serait que feu follet, et moi témoin un peu triste ?

« Tu as une âme d’explorateur », j’ai souvent entendu cette phrase depuis l’enfance. Un peu aventureux, impétueux, peut-être, je vous le concède… C’est bientôt Noël, j’ai le temps de m’offrir nouvelle aventure.  La pulpe de l’index caresse le papier du moulin Richard de Bas. Derrière le secret de ce papier, l’inclusion de ses petites fleurs bleues et jaunes, se cachent la bataille de Samarkand, en 571, le prix des hommes en d’autres temps.  Samarkand… Née au VIIIe siècle avant JC comme Rôme, elle soutient le destin mystérieux, brillant et tragique des villes antiques. Leurs multiples dimensions m’attirent. Les multiples dimensions m’attirent. Entre réel et consommations de sensationnel, j’étudie toute proposition.  « Je n’aime pas l’eau claire, C’est la faute à Voltaire, J’aime le curaçao, C’est la faute à Rousseau. »

Un jour pourtant, j’ai arrêté de tester de sentir de goûter d’absorber. La volition devint collision. Le nez par terre, la faute ni à Voltaire ni à personne. J’ai fais ma révolution, le tour de moi-même. Pas même le temps de ressentir l’amertume… Après le crash, j’étais là, à regarder devant, sans sourciller. Touchant ma peau écrevisse, je me mis à maudire le soleil mordant, moi qui venait pour me dorer à son contact. Je mangeais le sable blanc dont je rêvais, les yeux à hauteur des coquillages, l’écume au bord des lèvres, le reflet vitreux couleur d’huître sur les pupilles. Une place supplémentaire dans ce vol privé avec mes meilleurs potes, c’était une aubaine australe. La tempête qui nous a engloutie, un coup d’arrêt, mortel.

Les soleils et les nuages bleus dansent devant moi. Entre les scialytiques et l’agitation des blouses bleues, l’image de ma famille me poursuit. C’est bientôt Noël. Ils sont si loin, ou alors c’est moi qui le suis déjà … Cet Atlas, la valse des navires autour des continents, les drapeaux tendus … C’est pour le mystère de ces cartes que j’ai tant aimé les voyages, c’est pour l’exploration jamais atteinte, ces villes invisibles, comme ces terres oubliées, ces animaux disparus.  Tant de de temps à sentir le grand livre de cuir, à suivre le contour de l’Afrique, tracée comme une grande roue, à choisir l’esprit un peu tatillon avec quel bateau j’allais chevaucher les océans. Voulais-je voyager ou me perdre dans l’immensité de l’imaginaire ? Voulais-je apprivoiser le chaos, le tranchant de la vie? Tout semble avoir une saveur extrême, là, maintenant, dans la lumière de l’inconnu, une porte, un autre monde à découvrir …. Peut-être… Courte échelle, demain, gouffre… Non sens.

Soudain, la carte disparaît, le paysage aussi.

Quand la croyance meurt, le vernis craque… Homme-ici-deux…

C’est alors que l’homme se réveille, sent sa poitrine monter et descendre, à nouveau. Rien d’autre ne bouge. Le contact du drap rêche lui fait ouvrir les yeux. Et pour la première fois de sa vie, il trouve que les chaussons énormes surmontés de deux oreilles ridicules, posés là sur la table blanche en face sont les plus beaux du monde, les plus drôles aussi…

Une petite voix lui fait lever les yeux.

-Joyeux Noël Papa! Tu nous a tellement manqué… 

©Véronique Bonnet

Ce mois-ci, l’organisation de l’agenda ironique revenait à Carnetsparesseux qui nous proposait d’écrire un texte, un « voyage au bout-de-l’an » dont l’inspiration part des cartes de voyage de Juan Martines, avec quelques contraintes de mots… Les détails du jeu d’écriture et les participations du mois : ICI et LA

Transhumanisme : quelle place pour l’humain?

Nous en faisons l’expérience. Nos représentations sont difficiles à assouplir. La volonté ne suffit pas, sinon, ça se saurait… Le manque de choix devient dépression. La tête est bloquée dans la vision scotomisée d’un non choix, le corps dans une position intenable d’absent.
Notre tête veut rationaliser, planifier. Ça finit par figer un corps qui voudrait vivre, ressentir. L’émerveillement, le regard toujours renouvelé sur les choses, est un moyen pour rester en vie, pour tisser les liens corps- esprit-cœur.
La société de consommation, de la rationalisation, se coupe du vivant et elle est insensible à la nature ( le corps est déjà loin, alors la nature…). Ça, nous le savons.
Où en sommes nous, là, dans nos vies, sur le curseur entre hypertechnicité au service de notre exigence toujours plus forte, du contrôle toujours plus pressant, et… l’émerveillement encore, comme porte de l’être, de la présence, des besoins profonds, de la réinitialisation, du changement, du lien…?
Une fois que j’ai dis ça, que faire?
Aller à la journée d’étude de l’ AF d’HTSMA, à Nantes, avec l’équipe de Mimethys, sur le thème : TRANSHUMANISME, QUELLE PLACE POUR L’HUMAIN?

renseignements sur le site de l’association :

https://www.afhtsma.org/

©Véronique Bonnet

Brèves de comptoir : agenda ironique de septembre : À la vôtre

-C’est génial, les palmiers pousseront bientôt en Bretagne 

-Bon c’est la faute au réchauffement climatique mais c’est cool quand même tous ces avions pas chers. Tout le monde doit pouvoir voyager !

-On va finir par le payer cher.

-Tu as vu quelqu’un payer une facture climatique toi?

-En tout cas il faudra payer la construction du nouveau centre ville de Lacanau qui va reculer de 200m pour anticiper la montée des eaux…

-Tu parles, on n’y est pas encore. Les sceptiques ont le pouvoir.

-Déjà la plage a disparu aux grandes marées. 

-Alors il faut avertir de l’autre côté de l’Atlantique, les quartiers de bord de mer se construisent encore…

-Tu sais bien, c’est tabou, comme le nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à notre frontière, la montée du niveau des océans va épargner les côtes américaines, et se rabattre sur les autres pays. C’est évident ! Le plus grand nuage de pollution est dans notre tête ! Le grand blond avec une chaussure noire a fait un pacte avec la force maudite… Après lui le déluge. 

Et puis pour les pollinisateurs, des robots abeilles sont à l’étude. Avec Paniomphe et Achtri, Ils doivent se croire dans Wally. Certains en ont déjà le périmètre abdominal. Pas de problème , les super héros viendront, les robots chasseurs et cueilleurs de fleurs aussi. Enfin une super-production en direct !! 

-Oui mais là, je sens une angoisse monter vraiment fort… File-moi une clope ou je vais tomber en TOC… 

-T’inquiète. Ils ont tout prévu, dès qu’on n’aura plus de pétrole, ils vont sortir les solutions de remplacements. On les a déjà, mais les grandes firmes font du blé sur notre dos jusqu’au bout. Ils gardent ça pour eux… Et le moment venu, ils vont nous vendre la solution alternative…

-Et s’ils n’avaient pas la solution… alternative, mais toujours plus de la même chose ?

-Pas possible, on arrêterait cette course à la consommation quand même…

-Certains font tourner les guéridons et le chandelier avec, d’autres cherchent les clés sous le lampadaire… en laissant le théâtre d’ombres s’agiter, et nous, nous sommes spectateurs impuissants.

-Et les incendies en Amazonie, plus étendus que la surface de notre pays? 

-Ça paraît trop énorme … 

-Et 40% d’insectes en moins cette année!!

Tu ne crois pas qu’ils se foutent de notre gueule?

-Si c’était vrai, il nous l’aurait dit avant ! En tout cas, moi, je n’ai jamais eu autant de piqûres de moustiques que cette année. Et puis il n’y a jamais eu autant de papillons asiatiques, le fameux « paysandia ». Pour nos fruits et légumes, la solution, c’est de rajouter des ruches ! Et le miel est devenu drôlement cher, alors qu’il n’y a rien à faire  !! 

-Mets donc les infos … Les apiculteurs comme les agriculteurs sont en première ligne. Le varroa détruit des colonies d’abeilles si on ne fait rien; les colonies sont épuisées , il faut veiller à leur génétique, à leur cinétique de croissance… 

-Y disent que des conneries… Et puis ça nous stresse, déjà qu’on en a assez au quotidien, du stress … 

-Goûte donc ce vin en bio dynamique. 

-Tu as raison… Pose-toi…

-C’est le lien qui peut soutenir la planète…

Pas le faux lien de l’addiction qui cache le vide relationnel, mais le contact, ce qui se passe entre les gens. Pas l’épouillage verbal comme le geste social des petits singes, mais la sincérité qui admet le silence, la disponibilité et le rythme de l’être ensemble. 

La naïveté du blanc, la folie des couleurs… 

La danse de la vie ou la danse macabre de toutes nos fascinations… 

Ni pouvoir faire autrement, ni pouvoir s’arrêter …

Ni dire, ni se taire ?

Crier, ne rien faire,

La dissociation frise la dissolution… 

La peur sort encore des trous

Et vient en creuser d’autres, dans le bide, 

Dans les cœurs déjà meurtris par le vide. 

Maintenir, tenir quoi encore ??

Alors,  

Nous partons  danser, 

Faire vibrer l’espace vital partagé,

D’un précieux disponible qui s’ouvre sous les pieds.

La danse, le vital, le sacré, le trivial, le tribal, le jeu. 

On part planter des graines , 

Parcourir la campagne. 

Faire fondre les chimères. 

Écouter le jour qui se lève 

Faire le tour de tous les matins du monde

Dans les bras l’un de l’autre.

Le vertige devient valse, 

Devient « nous »!! 

©Véronique Bonnet

Sur le thème « les révélations surviennent au moment même où les conséquences de ce qui est révélé sont inévitables », avec quelques contraintes d’écriture en plus : C’est ma participation à l’agenda ironique de septembre (organisé par Chachashire, du blog DIFFERENCE PROPRE ET SINGULARITES). Vous en avez tous les éléments et explications :

Et pour savoir tout sur l’agenda ironique :

https://carnetsparesseux.wordpress.com/lagenda-ironique-kezaco/

https://differencepropre.wordpress.com/agenda-ironique-ou-es-tu/

La face cachée de la lune : agenda ironique de juillet


-Creusez encore plus vite !

-ici!

-J’aurais dit plutôt par là, Howard …

-C’est vrai, mais ne me faites par attendre, Howard, vous voyez quelque chose ?

-Lord Carnevon, là, nous touchons au but. Ça fait vingt jours que je fouille autour des marches d’entrée du tombeau, puis nous avons découvert une première porte. Elle était intacte depuis l’inhumation puisqu’elle portait le sceau… Vous n’êtes là que depuis trois jours et nous voilà devant l’antichambre…

-Pas encore …

-Rendez-vous compte, peut-être si proche d’une tombe jamais visitée…Quelle chance fabuleuse que ce berger nous ait indiqué sa trouvaille, des marches dans le désert… Si nous parvenons à notre but, je lui accorde une photo avec l’un des bijoux du pharaon autour du cou !

Que voyez vous Howard Carter?

-My god…

-Carter, que voyez vous? Laissez moi passer !

-Regardez par le petit trou…

-C’est incroyable…

-Oui, d’abord, la Coupe des souhaits, en calcite, magnifique…Quelle finesse !

Dégageons un peu l’entrée…

-Attendez-moi ! Et ne la saisissez pas toute suite, avec toutes ces histoires de malédictions, on ne sait jamais; prenez d’abord le temps de jeter un œil tout autour.

-Mais qu’est-ce qui vous prend Lord, de colporter ces croyances archaïques? Bientôt il va vous pousser des poils entre chair et peau et vous ferez un parfait loup garou au sortir de cette grotte…

-Ne riez pas Carter, je ne plaisante pas. Mais vous, avec votre fâcheuse tendance à vous zébrer de rouge quand vous vous grattez, vous auriez bien le rôle du sorcier, il me semble! La marque du diable, disaient les inquisiteurs… Le bûcher direct !

-Comment savez vous que j’ai un dermographisme?

-Je n’en sais rien, mais avec toutes les piqûres de moustiques dont nous souffrons, je vois bien, cher ami,  vos avant-bras comme fouettés par des orties !

-Allez-y … attrapez la coupe …

-Quelle merveille… C’est la coupe des souhaits… Celui de Toutankhamon était d’être à jamais éternel! C’est chose faite,  maintenant que son nom va faire le tour du monde !

-Approchez les torches ! Par l’amour de Dieu… tous ces objets…

-On dirait que pharaon ne voyagera pas tout seul en Europe ! Sa majesté a toute une cour !

-Et ses protections : regardez cet oudjat! C’est l’œil gauche d’Horus… Son œil droit est le soleil … Puissant symbole associé aux rites funéraires, l’oudjat est associé à la lune et ses phases.

L’œil gauche, blessé par Seth puis guéri par Thot, c’est l’astre nocturne qui disparaît et réapparaît dans le ciel. La lune, dans son cycle de régénération représente l’espoir de la renaissance pour les défunts égyptiens.

-La face cachée de la lune, devient révélation de vie, union des contraires… pas vers l’unité. C’est prodigieux… Howard, nous sommes bénis des Dieux, et ces égyptiens parlent de vie pour aller dans le monde des morts. Quelle universalité …

©Véronique Bonnet

Symbole de renaissance : Le dieu-soleil empruntait différentes formes : un homme, un faucon, un bélier, un homme à tête de faucon ou de bélier. Al’aube, il prenait la forme d’un scarabée. Tous les soirs au crépuscule, les scarabées s’enfouissent dans le sol pour n’en ressortir qu’au lever du jour, poussant devant eux une grosse boule de bouse. Chaque matin, le dieu-scarabée Ré-Khépri réapparait et dans un même geste pousse le disque du soleil au-dessus de l’horizon. ( extrait de l’exposition Toutankhamon, Paris, grande halle de la Villette, juillet 2019)

Je connaissais moins la face lunaire d’Horus…

Voici donc ma contribution à l’agenda ironique de Juillet organisé par Louise de Mathurinades et Coquecigrues .

André Malraux, à l’occasion de l’exposition Toutankhamon, en 1967, au petit palais où 50 des 5318 pièces avaient été exposées déclare dans son discours :

« Ce qui parait ici, dans cette présentation si particulière, c’est l’incroyable leçon que l’Égypte aura pu donner sur la vie. On a écrit depuis Champolllion que c’était le pays de la mort . Cet art , qui est si souvent funéraire , n’est jamais proprement funèbre, autrement dit, l’Egypte n’a jamais connu le squelette. Ce qu’elle allait chercher dans la mort, c’est précisément la suppression de la mort, le fait de concevoir la vie humaine comme une éternité. »

Photo de début de page : Sculpture dans la jardin de Marta pan , Saint-Rémy les Chevreuse

Agenda Ironique de Juillet 2019

Au tour de Louise de nous proposer … la lune , ce mois -ci…

Mathurinades et coquecigrues

Et bien ça m’apprendra à vouloir venir jouer dans la cour des grands… me voila donc désignée Pontifex Maxima de ce drôle de pont suspendu entre nos imaginaires et chargée de l’organisation de l’agenda de juillet 2019. J’en suis fort honorée mais aussi un peu décontenancée d’une telle responsabilité.
En tant que novice, j’ai été consulter les archives et j’espère avoir évité le « déjà-vu ».

Tout est parti de cette photo là dont je ne vous donne volontairement pas le contexte.

ozedf

Il ne vous aura pas échappé que le 21 juillet, il y a donc presque 50 ans tout rond (comme la lune) l’humanité faisait, parait-il, « un grand pas ».

pas.jpg

Vous l’aurez compris, c’est de lune qu’il faudra discourir en ce mois de juillet.
Mais il y a lune et lune, une face cachée et une dévoilée. Celle des sorcière, des loups, et celle qui fait pousser les salades et danser les…

Voir l’article original 151 mots de plus

Agenda ironique de juin

Les amis, ici les textes au fur et à mesure de leur arrivée, avec leurs mots quelque peu ébouriffés… Il s’agissait de se laisser inspirer par la chanson « les mots » de la rue Kétanou.

Pour relire les détails du sujet , c’est ICI :

:https://poesie-de-nature.com/2019/06/02/agenda-ironique-de-juin-la-brocante-dete-cest-ici/

Par ordre d’arrivée :

Jusqu’au, disons 28 juin, dépot des textes ( sur le lien ci-dessus), puis le petit vote amical se fera ICI !

Merci d’ores et déjà pour toutes vos participations, ces beaux textes réunis, pour tous les échanges amusés, et autres petits mots en couleurs qui font le piment de l’agenda!

Ouf, j’ai réussi à temps à bricoler les deux sondages ( vive les premières fois)… A vos votes! et bel été à vous ! ( … en fait, à très vite…)

010719

Juillet est là et l’heure des comptes aussi ! Il semble bien que ce soit Jobougon qui emporte les suffrages , et le groupe, le peloton est juste après! Bravo Jo! Merci et encore bravo à tous… Il est temps de tirer ma révérence et de remettre en grandes pompes l’organisation du mois de Juillet aux mots et merveilles de Mathurinades et coquecigrues…

A très bientôt! Je vous embrasse

Véronique

Véronique

Un mot après

(agenda ironique de juin la « brocante de mots »)

« Approchez, approchez mesdames et messieurs car aujourd’hui grande vente aux enchères! Dans quelques instants de jeunes apprentis saltimbanques vont vous présenter des mots! Un mot pour tous, tous pour un mot!
Des gros mots, pour les grossistes,
Des mots de tête, pour les charlatans,
Des jeux de mots pour les artistes,
Des mots d’amour pour les amants. »

« La lune est presque pleine ce soir… Tiens, ça doit être les encombrants demain! Baisse un peu cette musique et viens m’aider à sortir la table de jardin et les vieilles chaises! »

Les trottoirs sont déjà jonchés d’immondices. Des restes d’étagères moisies, vieille table lépreuse en bois qui n’en peut plus de voir passer les saisons et les familles affamées, quelque menu trésor aussi qui attendent un preneur. Commence le ballet des voitures discrètes d’où sortent des ombres pressées, des mains anonymes qui soupèsent, palpent et évaluent l’éventuel service rendu.

Avant la date des encombrants, ça marche aussi : mettez un meuble devant votre trottoir, et dans les deux ou trois heures qui suivent, l’objet sera récupéré.

Mais le mystère de la main qui donne demeure entier : une chaise défraîchie, cabossée, à la toile fendillée attendait certainement depuis longtemps le verdict de l’expulsion. Quelle est l’histoire qui se retrouve à la rue ? Comment se fait-il que ce meuble soit dehors ce jour- là, précisément ? Il contraste terriblement avec le soleil roux d’un dimanche soir de fin de printemps. Il se plait bien aussi sous la pluie qui l’aide à chialer ses dernières couleurs et ses vielles crasses.

Mystère, la circonstance décide soudain du détachement, du top départ de sortie. Sitôt les porteurs d’histoires évacués et autres objets de service congédiés, le lifting de maison se prépare.

Et puis il y a les meubles résistants au temps, les laissés pour compte, comme ceux du garage. 

C’était sûrement une étagère rescapée d’une chambre ou d’une ancienne cuisine, d’une précédente maison peut-être ou encore de l’ancien propriétaire des lieux. Quand elle termine sur le pavé, elle est aussi déformée et rouillée qu’une vieille boîte de conserves. L’objet a tout donné. Il est vermoulu, humide. Peut-être même a t- il été hérité. Une partie de moi ose à peine le montrer quand je le dépose dehors : l’objet porte la déchéance, la fin de vie, l’abandon. Et puis, je vois sur le trottoir en face, d’autres objets de « longue vie » qui sont là à attendre leur sort ultime.

Il faudrait les brûler par respect. Je me dis : « il a bien tenu celui-là », toute fière de ne pas avoir gaspillée mais contente de faire place nette. 

Quand je garde, c’est utilitaire mais c’est aussi parce que l’objet a des choses à dire…

Je peux me débarrasser de lui quand il a fini de me raconter son histoire, car alors, il m’encombre soudain terriblement. Quand il faut préparer un déménagement, le tri, l’ajustement vont plus vite. 

Mais, le mystère de la main qui lâche reste entier.

Je me retourne : le réverbère de la rue éclaire la vieille table de jardin en bois, et des chaises dépareillées en plastique blanc jauni, au milieu d’étagères déglinguées, invitées de dernière minute, une trottinette rouillée, des pots cassés, un matelas en mousse. Le reste se perd dans la nuit.

Entends-tu, les mots tus?

Je me retourne. Une chouette hulule et les collines sentent bon les fleurs d’acacia et de sureau.

Motus, je rentre, légère.

©Véronique Bonnet

Agenda ironique de juin : toutes les explications ici ! :

https://poesie-de-nature.com/2019/06/02/agenda-ironique-de-juin-la-brocante-dete-cest-ici/‎(s’ouvre dans un nouvel onglet)

Agenda ironique de juin : le saltimbanque d’à côté

« Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant« 
Le clown, on le croisait dans les rues du village, sans son nez rouge. Les voeux du maire avaient grand succès, car on savait que Raymond Devos toujours présent, ne se ferait pas prier pour faire une digression délirante, l’air étonné de ses propres propos, devant un ‘auditoire gondolé.

On m’a raconté qu’il invitait les voisins à monter dans son petit théâtre sous les combles. Il les faisait asseoir et jouait sous leurs yeux médusés, certains de ses nouveaux effets, en scrutant attentivement le jaillissement du rire.

C’est une maison qui se visite aujourd’hui, et qui allume la tendresse amusée, et la magie du spectacle.
©Véronique Bonnet

Les saltimbanques

Dans la plaine les baladins
S’éloignent au long des jardins
Devant l’huis des auberges grises
Par les villages sans églises.
Et les enfants s’en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin ils lui font signe.
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours, des cerceaux dorés
L’ours et le singe, animaux sages
Quêtent des sous sur leur passage.
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913