Chant de pierres II

Elles sont ancrées dans la terre, et nous regardent depuis longtemps. Elles restent là…

Patientes, elles savent.

Elles murmurent encore… Ecoute …

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Prendre sa place,

Et être 

Laisser la vie s’écouler en soi

Comme une rivière confiante.

L’espace de quelques respirations,

Être vide du faire,

Disponible 

Et recevoir l’Etre,

Celui qui installe l’harmonie,

Qui réconcilie les contraires

Qui pose la respiration intérieure

Le flux naturel ressourçant.

Au lieu des pensées circulaires.

Ce sont des bribes, des fragments qui flottent, s’avancent, s’agencent

Comme des brins naturels d’ADN 

Tout en nouveauté, créativité. 

Fondu enchaîné, déchaîné et aimé.

Ami tapi

Lève-toi et crée ta vie.  

Si tu es bien réceptacle de ce qui est 

Alors tu recevras tout ce qui t’est nécessaire.

La petite voix s’entend au travers de ce tumulte 

C’est celle de ta justesse,

Prend le temps. 

Ressens, imprègne-toi peu à peu de ce bienfait. 

Laisse le corps revenir seul à son point d’équilibre.

Accepte ce qui est là, simplement : Ta vie.

 

©Véronique Bonnet

 

Chant de pierres

 

 

Elles sont ancrées dans la terre, et nous regardent depuis longtemps. Elles restent là…

Patientes, elles savent…supporter, tenir.

Je les contemple, et vois soudain les fardeaux, les doutes comme les pierres.

Faudrait-il les porter ou ressentir la route et tracer son chemin ?

Les bouger une à une, les soulever, pour vérifier si la réponse aux questions est inscrite au-dessous ?

C’est un vrai travail de titan que certains font.

D’autres restent sur le bord du chemin, découragés.

Un tel cherche des indices, un caillou qu’il sent dans la chaussure, et part comme un limier, un animal en forêt qui renifle son chemin.

Un autre vit à la force du poignet, ne s’épargne pas, soulève encore plus lourd,

En quête de reconnaissance. Qui sait de qui, de quoi?

Il en est d’autres qui découvrent et suivent des traces…

Et ils partent à la rencontre d’eux-mêmes.

Alors dans un élan naturel qui accompagne, comme un vent bienfaisant, ils ajustent la trajectoire.

Ils font un pas de côté, voire un pas dansé, présents à leur vie.

Qui sait, de l’équipe intérieure, de tous les petits personnages, qui est là au matin,

pour nous représenter ?

 

©Véronique Bonnet

Invisible

 

 

 

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Forêt de Brocéliande III

 

Il n’y a personne dans ces magnifiques forêts qui émanent la liberté.

La beauté de la nature s’exprime et nourrit l’espace de vie.

Elle est là à nous attendre…

Cette beauté, comme la poésie nous traversent.

Alors, elle rencontre l’être,

L’espace d’échange subtil s’ouvre,

Il a mille noms…

 

©Véronique Bonnet

 

 

 

Le chêne de Guillotin

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Forêt de Brocéliande I

J’ai mille ans. Regarde ce que ça fait. 

– Tu es abîmé, comme guillotiné. 

– Ce sont les temps qui sont abimés. Plus de respect. Les pierres autour sont plus vieilles de moi. Quel respect ? La terre est plus vieille que moi, quel respect ? Je ne suis qu’un témoin parmi d’autres. Je raconte le temps passé plus que la vie.  

La nature est une porte : 

S’ouvrir à la nature des choses,

se décentrer de l’importance personnelle,

Retrouver l’humour,

Au centre de sa vie, présent à soi-même, l’humain a le choix.

 

©Véronique Bonnet

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Chêne de Guillottin, forêt de Brocélilande

 

 

 

Les forces imaginantes

 

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A côté de la réalité et de ses représentations, Bachelard fait la proposition de la vertu créatrice de l’imaginaire.

Il ouvre à une présence singulière, un regard alterne, entre soi et le monde. François Roustang parle de « perceptude », Hegel « d’âme sentante » qu’il oppose à « l’entendement ».

La poésie et l’art germent probablement de ces moments…  qui tissent entre intérieur et extérieur…

« Les forces imaginantes de notre esprit se développent sur deux axes très différents.

Les unes trouvent leur essor devant la nouveauté ; elles s’amusent du pittoresque, de la variété, de l’évènement inattendu. L’imagination qu’elles animent a toujours un printemps à décrire. Dans la nature, loin de nous, déjà vivantes, elles produisent des fleurs.

Les autres forces imaginantes creusent le fond de l’être ; elles veulent trouver dans l’être, à la fois, le primitif et l’éternel. Elles dominent la saison et l’histoire. Dans la nature, en nous et hors de nous, elles produisent des germes ; des germes où la forme est enfoncée dans une substance, où la forme est interne. »

 Gaston Bachelard

L’eau et les rêves

 

 

Petite boule de terre

 

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                                                                                         Dessin : © A.C

Méditation : suggestion de pratique

 

Il est des questions que j’aime bien poser dans l’écoute intérieure. Je m’assoie, et je médite.

Au moins, j’arrête de soumettre trop de pensées à l’intellect disséquant, jugeant (qui voudra trop contrôler,  normaliser ) ou pour éviter que mon émotion, ma réactivité ne les réduisent en charpie.

L’espace intérieur reçoit, sécurise.

Et je laisse le temps au processus, en acceptant la possibilité qu’il ne se passe rien… Mais la nature a horreur du vide… le bourgeon va se transformer…

Je me laisse plonger  dans le sensoriel. Je repose la question au bout d’un moment.  L’insondable peut créer une forme, comme une petite boule de terre (par exemple, ou une couleur, ou tout autre chose) qui rejoindra le bloc à manier plus globalement, ensuite. Ça respire plus…  Le sensoriel change… le corps aussi.

Il fait l’expérience de la présence.

Une toute petite action adéquate devient plus facile à poser ensuite. Elle est indispensable pour matérialiser ce début de cheminement. 

La tête sait souvent mais c’est le corps qui doit faire une expérience sensorielle pour assimiler, à sa vitesse, comme le dit Eric Bardot à propos de l’hypnose médicale.

Le quotidien propose de nombreuses fascinations qui nous absorbent, ce n’est pas de l’hypnose.

L’espace-temps hypnotique, la méditation sont des processus naturels du vivant où l’on sollicite un mouvement.

 

La poésie et l’art, comme « forces imaginantes », se mêlent là, dans ces paysages aux confins inconnus, ça m’interroge …

 ©Véronique Bonnet

 

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Dessin A.C

Désir et présence

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                                                                      Graphiste illustration : Aurélien Cattin

 

Le désir comme un lac asséché réclame de l’eau à tout prix. 

Où sont passés, son parfum fort et entêtant, sa couleur tapageuse des premiers temps,

Les bruits assourdissants ? Qui le sait ?

Maintenant, c’est un lieu privé de sa source, aux failles lézardant le fond. 

Les échos sont glauques et la pensée tourne en rond,

A la recherche du temps des baigneurs, des peaux chauffées par le soleil,

des rires insouciants, des coupes débordantes.

On ne sait plus qui est là.

Tant de vies traversent les êtres, tant d’êtres traversent les histoires…

Elles sont rivières grondantes, ruisseaux chantants, sources merveilleuses

Où la boue est si proche, parfois, de la splendeur émergeante du lotus. 

Qui sait les fractures du sol ou les changements de saison ?

Cœurs en perdition ou nouvelles partitions ?

Notes de brumes ou cornes d’abondance ?

 

Entre vivre et vivre ses désirs, qui sait où se situent :

Plaisir, choisir, mourir ? Ephémère ou éphéméride?

Tant de vies rencontrées, d’humeurs multiples, 

où chacune se vit en singulier. 

Oeil espiègle, ouvre-toi! 

Les portes sont nombreuses et les chemins sont de travers.

Qui sait la vibration qui emplit de présence, même dans les creux oscillants,

Dans les palpitants?

Pour aller dans la vie, chacun a ses rêves, ses envies, ses paris. 

C’est le trait d’un peintre, nature, cru, libre, sur une nouvelle toile.

C’est un nouveau rythme, une unité de mesure.

C’est la main qui protège la flamme précieuse, 

Une poitrine contre une autre,

Des souffles chauds mêlés et l’émotion partagée,

Celle d’une belle musique,

Celle d’être là.

Le désir de vivre oscille vers la présence.

Regarde là, qui sait, sinon toi ?

 

            ©Véronique Bonnet

            

 

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J’écris, c’est juste là… Qui sait?

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Je regarde les chats impassibles ,

Installés, l’un sur une chaise , l’autre sur le canapé.

Hier, ils étaient côte à côte , immobiles
et abandonnés au sommeil, comme deux sculptures jumelles.

D’humeur versatile,

Les chats apparaissent dans le calme de la maison comme des gardiens du temps,

Les gardiens d’une tendresse infinie, et pulsatile,

Les gardiens d’un temple étrange.

J’écris, je suis attirée par le fond.

Le fond de quoi? Le fond, là-dedans.

 

© Véronique Bonnet

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Résurgence

 

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Les souvenirs arrivent,

Ils sont à l’envers.

Les souvenirs arrivent,

Adoucis de la distance,

du grain de la photo, et parfois du noir noir et blanc.

Les souvenirs arrivent,

Dans la tendresse du temps présent.

Je décroche mon téléphone, et je t’appelle, au bout de quinze ans de silence,

Mon amie  d’enfance.

Sorties de la cour toutes les deux, nous rencontrons à présent nos petites filles intérieures.

Un inter-rieur tout simple, pourquoi tant de pudeur?

 

                                                        Véronique Bonnet

Jour en blanc

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La neige fraîche crisse sous les chaussures . Il fait frais, je me sens dans un univers sans couleur, tout effacé par le blanc .

Les flocons tombent des arbres avec un léger frous-frous d’ailes d’oiseau. L’air est feutré, presque mat.

Dans le jardin, je fais comme le chat : « Je contemple la neige et je suis là  » .

Puis j’enfile de vieilles bottes  et je pars au village . Ambiance 1930, tout le monde est à pied, à se faire des courtoisies. à marcher dans une atmosphère calme qui agrandit les rues . Les gens se saluent, se regardent, se sourient de voir les versions approximatives des uns et des autres, en bonnet de montagne sorti en hâte d’un fond de tiroir. Un autre temps!

Je continue vers la campagne. Je  marche sur la chaussée craquante de glace avec précaution. Pourtant,  je fais un vol plané à l’entrée de la ferme, sur une plaque gelée. Une femme qui nourrit ses chevaux juste à côté, se retourne, les bras chargés de foin. Elle engage la conversation. La paysanne en moi sourit.

Jour blanc!

Tout d’un coup la neige restaure la relation,

les sourires et la légèreté,

Et tout d’un coup la neige restaure la lenteur.

Et enfin , la fée d’hiver restaure le rythme,

Au prix de 700 km de bouchons en région parisienne.

Qui sait le prix du silence  ?

 

Véronique Bonnet